La Compagnia Sacco di Ceriana est un ensemble a capella né, en 1926, composée d'une dizaine de chanteurs provenants d'un village de l'arrière pays de San Remo, dans les montagnes ligures à l'ouest de l'Italie. Le groupe, qui chante en cercle, se compose de voix solistes, qui soutiennent le texte, et de bourdons qui créent une structure de basse continue.

L'abondant répertoire de ce village, de pure transmission orale, serait originaire du moyen âge provençal. Chants sacrés en latin exécutés lors des processions de la Semaine sainte, chants profanes, en langue vernaculaire ou en italien, ils puisent leur inspiration dans les faits historiques liés à la France toute proche, au quotidien de ces gens de la terre, mais aussi d'airs d'opéra italien. La particularité musicale de ce village a de tout temps intéressé d'éminents musicologues tels que Alan Lomax, Diego Carpitella, Roberto Leydi, Mauro Balma et Luciano Berio, lui aussi originaire de Ligurie.

En plus de 75 ans d'existence, la Compagnia Sacco, gardienne de la tradition musicale de leurs ancêtres, connaît un important rayonnement. En 1975 elle participe à "L'International Festival of America", lors de la célébration du bicentenaire de la fondation des Etats-Unis; elle réalise des tournées en Allemagne, en Belgique, en Italie, en France, en Suède, en Suisse et dans d'autres pays d'Europe grâce à sa collaboration avec l'association Amdathtra (association musiques danses théâtres traditionnels) qui œuvre à Lausanne et qui a édité, au travers du label Amori, trois CD de chants sacrés et profanes.



Les Tenores de Bitti remunnu e' locu
Bitti est un bourg des montagnes de la Barbagia-Baronìa. Son territoire se compose de pâturages et d'un vaste haut-plateau granitique. A propos de ces terres sauvages, Daniele Cossellu, chef du groupe, déclare que "Les chants a tenores sont les chants de la nature dont ils sont issus..."

Le groupe des "Tenores di Bitti" se compose de quatre chanteurs dont les activités professionnelles sont liées à l'élevage, à l'agriculture et à l'artisanat. Le groupe s'est constitué dans les années 70 sous l'appellation de "Remunnu 'e Locu" (Raymond du Lieu) en hommage au poète satirique de Bitti qui vécut dans la deuxième moitié du siècle dernier. Typiquement, celui-ci et d'autres auteurs de la même période fournissent le répertoire poétique des Tenores: chants religieux, ballades, sérénades, chants d'amour ou satiriques...

Outre leur précieuse contribution au maintien des traditions ancestrales du village, ce groupe aux qualités vocales exceptionnelles est appelé à se produire dans le monde entier. En 1992, couronnement d'une carrière riche en succès, les "Tenores di Bitti" ont été consacrés "Maestri del Folclore", la plus haute reconnaissance musicale de Sardaigne.

Cet enregistrement est leur premier CD.



Sergio Lecis
Disciple du grand maître de launeddas Dionigi BURRANCA (1913-1993), il pratique au sud de la Sardaigne, dans la région de Ortacesus berceau des meilleurs joueurs de launeddas de ces deux derniers siècles.

Bien que les courants musicaux aient changé, surtout après la deuxième guerre mondiale, il est déterminé à pratiquer cet instrument millénaire. A partir de 1975, il accompagne Burranca et commence une carrière internationale qui l'amène en Europe et aux Etats Unis. Il participe des expériences musicales avec Ravi Shankar, Ornette Coleman, Lester Bowies ou Don Pullen

Il donne des concerts, enseigne, crée un musée, un centre de documentation, une école de bal "ballu sardu", un atelier de facteur de launeddas, organise des rencontres avec d'autres musiciens traditionnels É Le professionnalisme et la rigueur qui lui ont été enseignés par son maître sont . Les launeddas, grâce à son engagement, sont une réalité bien vive en Sardaigne.



Saadet Türköz
Née à Istanbul dans une famille d'artisans de la diaspora du Kazakhstan, elle vit depuis 1981 en Suisse. Son répertoire s'étend de l'Asie centrale à l'Anatolie dont les influences sont autant perses qu'arabes.

Elle réalise de nombreux concerts en soliste, avec des groupes de jazz ou encore avec des compagnies de théâtre. Chanter est sa raison de vivre, le cri de son coeur.



Burhan Öçal

Chanteur et polyinstrumentiste virtuose, il est né à Kirklareli (Thrace) en 1953, dans une famille dédiée à la musique. Autodidacte il se fait remarquer, très jeune, comme chanteur de musique classique et percussionniste. Il joue de nombreux tambours: darbuka, bendir, kös et kudüm ainsi que les luths, oud et tanbur, qu'il accompagne de sa voix. Depuis 1979, Burhan Öçal vit entre Istanbul et Zurich. Il a joué en duo avec la pianiste classique Maria João Pires, le guitariste classique Eliot Fisk ainsi que le pianiste Joe Zawinul (jazz). Il est à la tête de l'Istanbul Oriental Ensemble et travaille à différents projets de musique de chambre.



Arif Erdebil

Membre de l'orchestre classique d'Istanbul, Mehmet Arif Erdebil est né à Üsküdar, Istanbul, en 1953. Après avoir fréquenté le conservatoire et suivi l'enseignement du grand maître de ney Aka Gündüz Kutbay, il eut l'occasion de travailler avec des musiciens reconnus tels que les chanteurs Bekir Sidki Sezgin, Alaeddin Yavasca ou Kâni Karaca, le flûtiste Niyazi Sayin ou le luthiste Necdet Yasar. Il joue régulièrement avec deux ensembles de musique classique turque.



Marina Pittau

Elle est née en 1955 à Cagliari, en Sardaigne (Italie). Elle passe son enfance et son adolescence dans un milieu baigné par la musique. A la maison elle ressent l'influence du père, passionné d'opéra italien. A l'extérieur elle fréquente les nombreuses fêtes de village, riches de bals, et de mélodies les plus variées du répertoire traditionnel.

Elle commence ainsi de la manière la plus naturelle à chanter puis à jouer de la guitare. Ses débuts d'autodidacte lui permettent de trouver une grande liberté d'expression et une recherche personnelle dans la pratique de l'instrument.

Elle débute sa formation musicale à Paris, tout en se produisant seule s'accompagnant de sa guitare, dans l'interprétation des chants traditionnels de sa terre.

Après cinq ans vécus à Paris elle continue ses études et sa collaboration avec Lucia Albertoni à Genève. Pendant ces années, elle obtient le diplôme de chant classique et elle étendra ses expériences artistiques à la composition et au théâtre. Elle créé et interprète la musique du spectacle "Accrochage" pour la compagnie de théâtre et danse Trisunic d'Avignon, en s'inspirant essentiellement de la musique traditionnelle sarde.

Les séjours en Sardaigne lui permettent de puiser des connaissances et des inspirations nouvelles. Elle se produira à Genève et à Lausanne avec le grand maître de launeddas Dionigi Burranca et avec l'ensemble polyphonique le plus populaire de Sardaigne, les Tenores di Bitti.

Lucia Albertoni

Elle est née à Bellinzone, en Suisse italienne, où elle vit jusqu'à l'âge de 20 ans.

Pendant son enfance et son adolescence elle chante dans le chœur d'enfants de sa ville et apprend ainsi plusieurs répertoires de chants populaires tessinois et italiens.

Elle passe de longs séjours en Vénétie (patrie de sa mère) et dans d'autres régions d'Italie, ce qui lui permet d'approfondir différentes connaissances musicales dans le domaine du patrimoine ethnique.

Elle s'établit à Genève où elle se produit seule, en interprétant différents airs populaires italiens et surtout les chants de la tradition napolitaine. Lucia fréquente les classes du Conservatoire populaire de Musique de Genève où elle obtient le diplôme de chant classique. Depuis plusieurs années elle fait partie du Chœur Universitaire de Genève.

A certaines occasions elle interprète, en tant que soliste, des rôles de musique classique (Janaceck, Monteverdi, Schumann...). Elle met en musique "Poetincanto" d'après les poèmes d'Albino Pierro et se produit avec Oscar Mancino dans un répertoire consacré à la chanson napolitaine, sa passion.



L'ensemble Percussion Orchestra

Formé à la fin des années 70 sous l'égide du Suisse Reto Weber, est un exemple peu courant mais fécond de rencontre entre musiciens de traditions, cultures et continents différents. La particularité de ce groupe réside dans le fait que chaque musicien, dans son jeu, garde ses références et sa propre identité culturelle. Après la mort prématurée de Nana Twum Nketia, Weber et Chemirani poursuivent leur parcours avec des percussionnistes d'autres régions du monde tels que Zakir Hussain et Musthwamy Balasubramoniam de l'Inde, Adama Dramé du Burkina Faso et Dom Um Romao du Brésil.

Reto Weber

Percussionniste de formation jazz, a développé son langage musical avec deux maîtres issus justement de la tradition : l'Iranien Djamchid Chemirani et le Ghanéen Nana Twum Nketia. Il exprime ses rythmes sur le djembé, aux tambours à eau, le gatham (la cruche en terre) et à d'autres instruments à percussion du monde.

Djamchid Chemirani

Maître du tambour à calice persan appelé Zar

Mutushwamy Balasubramoniam
Maître du tambour indien à double peau Mridangam

Albert Mangelsdorff
Un des plus importants musiciens de jazz européen qui se produit régulièrement avec le Percussion Orchestra

Chico Freeman
Disciple de John Coltrane, Chico Freeman improvise à merveille, admirablement inspiré par le jeu des percussions.

Si l'imagination des deux musiciens vedettes ressort au premier plan, la présence des percussions sous-tend chaque composition par un jeu subtil et raffiné de rythmes lors desquels, par moment, émerge l'un ou l'autre des percussionnistes et Reto Weber.



COLINDATORII DE CLUJ

Fondé en 1992 par le peintre Florin Stefan, l'ensemble Colindatorii de Cluj (Transylvanie) est composé de huit chanteurs.

Leur intention est de transmettre une tradition de Noël qui a survécu au régime totalitaire et athée imposé à la Roumanie après la seconde guerre mondiale. Ne se satisfaisant pas de concerts dans les églises, ces jeunes chanteurs préfèrent mettre l'accent sur l'interprétation itinérante d'une tradition plusieurs fois centenaire. Née dans la campagne profonde, cette coutume s'est aujourd'hui répandue et met en fête aussi tout le contexte urbain. Imaginez ces chants interprétés un soir de Noël, non seulement dans les maisons mais aussi dans les blocs locatifs si caractéristiques des banlieues des villes de l'Est! Les textes des colindé embrassent un large spectre de thèmes, dans un exquis mélange entre sacré et profane.



Grigore Leshe

Il est né à Stoiceni en 1954, est originaire du Lapush. C'est une des régions du Maramuresh, au nord de la Roumanie qui a préservé une grande partie de son patrimoine traditionnel. Grigore Leshe maîtrise la technique vocale archaïque dite du "chant de gorge" et joue de plusieurs sortes d'instruments traditionnels comme les flûtes de berger fluier, caval, tilinca, etc., les percussions toaca, pièces de bois frappées de maillets utilisées dans les monastères orthodoxes, les grelots zurgalai, la clochette clopo(th)el etc. Grigore Leshe est aussi joueur de fagott. Ses talents musicaux ont été appréciés soit en tant que soliste soit lorsqu'il est accompagné par un orchestre.

Grigore Leshe a appris, dans sa jeunesse villageoise, d'anciennes chansons et il mène cet héritage plus loin. Il chante la ballade Mioritsa propre au Maramuresh, toute une série de doina (chants de complainte typiquement roumains), divers strigaturi (courts vers humoristiques, véritablement "criés" lors de fêtes rustiques), de nombreuses mélodies liées à la naissance, l'enfance, l'amour, le service militaire, le mariage, la vieillesse et la mort. La voix de Leshe, rugueuse et saisissante, donne à chacune de ces pièces une empreinte authentique, une coloration originale et envoûtante, dans un monde musical saturé par l'uniformité et la pauvreté commerciale.

Outre les musiques et rituels ancestraux, Grigore Leshe est aussi l'interprète de musiques contemporaines, spécialement de pièces conçues pour lui par les compositeurs Dan Voiculescu et Vasile Herman. A ce jour, la brillante carrière de Leshe est liée à la ville transylvanienne de Cluj, point de départ de son rayonnement en Roumanie et à l'étranger.

Maria Leshe

Epouse de Grigore Leshe et talentueuse chanteuse populaire de musique roumaine, elle a créé des spectacles avec son mari.



Ling Ling YU

Elle est née au sud-est de la Chine près de Shanghai, dans la belle ville de Hangzhou, point de départ de la route de la soie. Elle embrasse la musique dès l'âge de neuf ans. Elle étudie le violon, le er hu, le pipa; elle donne des concerts. A quatorze ans elle choisit de se consacrer au pipa et obtient le premier prix au concours d'entrée du Conservatoire Central de Chine. Enfant prodige, elle fait alors l'objet d'un reportage cinématographique du cycle "Petits Génies de la musique", de reportages journalistiques, cinématographiques et télévisés. Puis, elle entre au Conservatoire National de Chine et à vingt deux ans elle obtient sa licence ès lettres.

En 1988 elle remporte la compétition nationale de musique traditionnelle chinoise à Beijing. Elle est officiellement désignée comme professeur de musique à l'Université de Qing Hua où elle enseigne jusqu'en 1997. Avec son instrument de prédilection et en compagnie de son maître LIU Dehai, fameux compositeur qui a interprété des concerts pour orchestre et pipa sous la direction de Karajan, elle parcourt la Chine pour enseigner et effectuer des concerts. Ensemble ils exercent une grande influence sur l'évolution de la musique pour pipa et ses compositions. Elle séjourne à Manille où elle enseigne et donne des concerts dans différentes villes des Philippines.

Elle étudie avec d'autres célèbres professeurs de pipa tels que LUO Jieli, WANG Fandi et SUN Weixi. Leur enseignement élargit l'éventail de connaissances de Ling Ling YU et enrichit son répertoire en lui apportant une grande variété de styles. C'est à partir de cet enseignement qu'elle trouve son propre chemin laissant libre cours à l'expression de sa personnalité. Son interprétation est précise, chaleureuse et créative, caractérisée par un dosage subtil de clarté et de finesse, d'émotion et de sérénité, mélangeant ainsi parfaitement les deux éléments de la théorie philosophique chinoise: le Ying et le Yang.

Avec son maître LIU Dehai, elle tisse des liens entre la musique orientale et occidentale. C'est pour continuer dans cette recherche qu'elle s'installe en Suisse en 1998 où elle fréquente les cours de composition au Conservatoire de Lausanne sous la direction de Jean Balissat.

Ling Ling YU pratique les arts martiaux en travaillant sur le Qi, le souffle vital, à travers le Tai Ji Quan et le Mei Hua Zhuang, gymnastiques traditionnelles d'entretien d'après la philosophie taoïste.



François Lindemann

Pianiste de jazz suisse, depuis 1984, ses fréquents voyages en Asie du Sud-Est l'ont forcément dirigé vers la Thaïlande. De Java à Bali, d'Inde du Sud en Birmanie, de Chine en Thaïlande… ses itinéraires étaient surtout en fonction des écoles de musiques et danses traditionnelles, théâtres, échoppes d'instruments, fondeurs de gongs… d'où il rapportait de multiples instruments de percussions qu'il intégrait à ses propres compositions pour des musiques de scène, groupes de jazz ou autres.

En 1994 il rencontre Tewan à Bangkok et ensemble ils commencent un dialogue musical entre jazz et musique traditionnelle taï.



Tewan

Saxophoniste thaïlandais et grand connaisseur de la tradition de son pays

Dans son groupe il y a des instrumentistes traditionnels tels le joueur de "ranad", sorte de xylophone thaï aux timbres aigus. Cela donne une musique jazz-rock aux accents teintés d'airs du pays.