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Iran
Maurice Béjart présente
Farah
Musiques
pour Schéhérazade
Nourredin
RAZAVI Sarvestan & Dariush TALA'I
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Nourredin
RAZAVI Sarvestani chant
Dariush Tala'i tar
Davoud GANDJE'I kamantché
Jalal ZOLFONUN setar
Mohammad Ali HADDADIAN ney
Marta MANIZADE santour
Morteza AAYANI zarb
Historique
Les pièces traditionelles de cet enregistrement furent
interprétées en 1973 lors de la création du ballet
FARAH. Donné au Théatre de la Monnaie à Bruxelles,
ce ballet faisait suite à une précédente chorégraphie
de Maurice Béjart intitulée GOLESTAN créée
à l'occasion des fêtes de Persépolis avec les
mêmes musiciens iraniens. En 1995, certaines pièces de
FARAH, qui n'avaient pas encore été utilisées,
accompagnent le nouveau spectacle du chorégraphe A propos de
SCHEHERAZADE.
Les musiciens venus à Bruxelles en 1973 pour interpréter
la musique du ballet FARAH avaient été choisis parmi
les plus talentueux élèves du maître Nur Ali Brumand
: Doué d'une voix et d'une sensibilité exceptionnelles,
le chanteur Nur al-dîn Razavi Sarvestani, né près
de Chîrâz en 1935, est considéré comme l'un
des plus grands interprètes de musique vocale iranienne. Soucieux
de perpétuer la tradition de ses maîtres, il a cessé
de se produire sur scène depuis une quinzaine d'années
pour se consacrer exclusivement à l'enseignement.
Concertiste et enseignant de renom international, Dariush Tala'i,
né près de Téhéran en 1953, figure parmi
les plus éminents spécialistes de la musique savante
iranienne. Il est, entre autre, un excellent joueur de TÂR,
luth à 6 cordes dont la caisse de résonance, à
double renflement, est recouverte d'une table d'harmonie en peau d'agneau.
Il a enregistré de nombreux disques.
Davoud Gandje'i joue du KAMANTCHE. Il s'agit d'un instrument à
archet de la famille des vièles à piques munie de 4
cordes métalliques. Jalal Zolfonun est interprète de
SETÂR, luth à long manche à cordes pincées
(3 cordes + 1 corde de résonance).
Tout comme le précédent musicien, Mohammad Ali Haddadian
enseigne la musique à Théhéran. Il joue du NEY,
flûte sans embouchure percée de 6 trous.
Marta Manizade joue du SANTÛR, cithare trapézoïdale
à 72 cordes que l'on frappe à l'aide de fines baguettes.
Percussionniste très prisé dans son pays, Morteza Aayan
joue du ZARB. C'est un tambour cylindrique à une peau que l'on
nomme aussi TOMBAK.
LA
MUSIQUE
L'art musical iranien puise ses fondements dans une tradition
très ancienne. Les caractéristiques qui permettent aujourd'hui
de le définir n'ont cependant été établies
qu'après la conquête islamique. Grands amateurs de musique
et de poésies chantées, les princes musulmans Abassydes
(750-1258) ont encouragé les lettrés de leur royaume
à compiler puis développer les concepts musicaux antérieurs.
Ainsi, la musique persane et ses instruments atteindront un degré
de perfectionnement et de raffinement tel qu'ils vont alors s'imposer
à travers tout le monde arabe.
Encouragée par les monarques, l'expansion des écoles
musicales iraniennes va, toutefois, se heurter aux réticences
exégétiques musulmanes. En effet, la religion mahométane
étant peu favorable à la musique, celle-ci, en dehors
de quelques cérémonies sacrées où le chant
joue un rôle prépondérant, ne peut plus être
pratiquée publiquement. Dés lors, elle va revêtir
un caractère plus intimiste et recourir à des instruments
moins bruyants au timbre plus affiné.
Sous la dynastie Quajâr (1785-1925), la notion de Dastgâgh
va peu à peu s'affirmer dans le répertoire de l'Iran
jusqu' à devenir une base essentielle du la musique contemporaine
de ce pays.
Les Dastgâghs sont des systèmes modaux sur lesquels se
greffent une structure complexe de variations rythmiques et mélodiques;
(les plus importants d'entre eux sont les modes Chour, Maheur, Homâyun,
Segâh, Tchehar-gâh, Docheti, Novâ, Râst-pandjgâh,
Abar-atâ, Bayaté-tork, Asfshâri et Bayaté-esfehân).
Les répertoires de ces Dastgâhs sont constitués
de pièces appelées Gushe-s.
Ces systèmes sont rigoureusement appliqués par les musiciens.
Les interprétations n'en demeurent pas moins vivantes et dynamiques.
En effet, une large marge d'improvisation est laissée aux instruments
et au chanteur. Ces derniers se livrent à de véritables
dialogues au cours desquels toutes leurs possibilités d'expression
sont exploitées. Le répertoire traditionnel iranien
accorde cependant une place plus importante à la voix, qui
prédomine à l'exécution des pièces et
guident les autres instruments.
A
propos de Schéhérazade
En évoquant les Mille et une nuits, Maurice Béjart
éveille en nos esprits une myriade de sentiments diffus tout
imprégnés des millénaires qui ont constuit l'Orient.
Ce corpus de contes, sans cesse renouvelé au fil des âges,
par sa diversité, la richesse de ses vers et les rythmes variés
de sa prose rimée, est intimement lié au raffinement
musical persan. L'art iranien est un ensemble de traditions qui puisent
leur authenticité dans une culture du perpétuel mouvement
qui continue de s'enrichir au contact de l'univers contemporain.
Entre toutes les formes d'expression la danse apparaît comme
un révélateur des plus appropriés pour traduire
cet aspect dynamique de la culture orientale. Par cette nouvelle création,
le chorégraphe apporte également sa contribution en
dévoilant la Schéhérazade du XXè siècle.
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Chant et târ Fusion de gushe-s Oj et Naghme en
mode Esfehân Poème de Hâfez Shams al-Dîn
de Chîrâz (v. 1320-1389) Enivré par l'amour
et l'éclatante beauté qu'il contemple, le poète
supplie sa bien- aimée de lui restituer son coeur captif.
Chant, setâr et Zarb Gushe de Sufi-nâme en
mode Esfehân Poème de Hâfez Shams al-Dîn
de Chîrâz (v. 1320-1389) Par ces vers, le poète
exhorte la femme qu'il aime à partager en sa compagnie
un peu de ce vin dont l'ivresse mène à la tolérance
et élève à la perfection car il en a oublié
les vertus...
Solo de setâr Gushe de Jâme-darân en
mode Esfehân
Orchestre Pièce traditionnelle intitulée
FARAH en mode Homâyun
Solo de zarb Rythme à 6 temps
Solo de kamantché Gushe de Masnavi en mode Mokhâlef
Segâh Inspiré de l'oeuvre de Mowlânâ
Djahâl-al-Din Rûmi de Balkh (v. 1207-1273)
Chant et ney Gushe de Masnavi en mode Mokhâlef
Segâh Aspirant à l'ivresse, après avoir
dansé et bu jusqu'à la lie, le héros de
ce poème mystique se rend chez les derviches afin de
tout y perdre... enfin se repentir et libérer son esprit.
Solo de ney Mode Segâh
Chant et santour Mode Segâh Vers tirés de
l'oeuvre de Saadi Muslah-al-Dîn de Chîrâz
(v. 1200-1291). Un amoureux s'incline devant la souveraineté
de sa bien-aimée qu'il compare au soleil dont nul regard
ne peut soutenir la splendeur et l'éclat.
Orchestre Pièce composée en mode Mokhâlef
Segâf par maître Nur Ali Brumand
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1995
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